Patrimoine local

Patrimoine

Notre histoire à travers les pierres leglise-depuis-le-haut-du-bourgParmi les édifices religieux de la commune, deux viennent récemment d’être rénovés. A tout premier lieu, l’église qui fut bâtie sur son emplacement actuel vers le IX° par les moines de l’abbaye de Savigny en l’honneur de Saint Martin. Au début ce n’était qu’une chapelle, puisque Lamure dépendait de Claveisolles. A l’intérieur de celle-ci, vous trouverez une mezzanine qui surplombe l’entrée et permet d’accueillir aussi les fidèles. Le deuxième édifice est la chapelle Saint Roch qui se trouve aux Arnauds, le long du circuit pédestre jaune (elle ne se visite pas). aux-arnauds-la-chapelle-saint-roch Très proche de Lamure, mais sur la commune de Saint Nizier d’Azergues, vous trouverez la propriété privée du château de Pramenoux. Les textes les plus vieux sur ce site remontent eux aussi à la fin du IX° siècle. Le château actuel date du XVI° siècle, vous y passerez à proximité en empruntant le circuit pédestre jaune. Du printemps à l’automne, chaque mois, l’académie Pramenoux organise des spectacles musicaux dans la grande salle du château (renseignements et réservation auprès de l’office de tourisme). Pour la petite histoire, de tout temps les habitants du hameau de Pramenoux eurent des relations privilégiées avec la commune de Lamure comme en témoigne la volonté de ses habitants en 1771 d’être rattachés à la paroisse de Lamure au lieu de celle de Saint Nizier d’Azergues. D’autre part, il y a une dizaine d’années, ce château fut le cadre du film « le bel été 1914 » avec Claude Rich et Maria Pacôme. le-chateau-de-pramenoux-a-saint-nizier Le 4 octobre 1895, le train arrivait pour la première fois à Lamure, mais à l’époque c’était un terminus. Il fallut attendre le 6 septembre 1900 pour que la liaison Lamure – Paray le Monial soit ouverte ; permettant aux trains d’aller à Paris via Paray le Monial et Moulins, délestant ainsi la voie impériale Paris – Dijon – Lyon – Marseille (déjà bien saturée) d’une partie de son trafic marchandises. Pour amener les trains jusqu’à Paray le Monial, la tâche fut difficile car la déclivité ne devait pas dépasser 11 mm par mètre. Pour atteindre un tel résultat, la voie passe deux fois à Claveisolles au même endroit mais avec une différence de niveau de 43 mètres. Pour cela, une boucle de 4500 mètres avec deux viaducs et deux tunnels fut construite. De même, le passage des Echarmeaux nécessita un tunnel long de 4152,33 mètres qui passe 186 mètres au dessous du  » plancher des vaches  » ou des  » racines des Douglas  » comme vous préférez ! Avec ces différents corps de bâtiments : bâtiment voyageurs, salle des lanternes, quai de déchargement…, la gare de Lamure sur Azergues est le modèle typique des gares du PLM. Elle connut une intense activité le 24 septembre 2000 à l’occasion du centenaire de la voie organisée par l’office de tourisme de Haute Azergues. le-centenaire-de-la-voie-le-24-septembre-2000 la-boucle-a-claveisolles vue-generale-de-la-gare

Historique

Lamure d’hier à aujourd’hui

Lamure tiendrait son nom du latin « mura », par référence à un mur naturel obstruant la vallée au temps de l’occupation romaine.

De cette dernière, on ne sait rien, bien qu’elle soit attestée par la découverte de quelques fragments de « tegulae » au massif de la Pyramide, lors de fouilles rapidement abandonnées.

Au cours des invasions du VIIIe siècle, les Sarrazins remontèrent la vallée du Rhône jusqu’à celle de l’Azergues, et c’est à eux que la rivière devrait son nom, déformation de « Al zergua » (eaux vertes).

Au Xe siècle, le village ne possède que quelques maisons regroupées autour d’une chapelle, ainsi que d’autres près du vieux pont. Des fermes isolées ont donné naissance à plusieurs hameaux.

Sous l’Ancien Régime, Lamure était rattaché au Beaujolais, justice de Beaujeu, bailliage de Villefranche.
En 1789, les membres du tiers état de la paroisse rédigent leur cahier de doléances. Porté par deux délégués à Villefranche, ce document a servi, avec ceux des autres paroisses, à rédiger le cahier collectif destiné a être emporté à Versailles pour y être examiné, avec tous les autres cahiers du royaume, par les Etats Généraux réunis sur ordre de Louis XVI.

La Révolution apporte de profonds changements. Lamure devient une commune appartenant au canton de Chamelet, au district de Villefranche et au département du Rhône. La première municipalité, formée de six membres élus, est constituée le 28 janvier 1790. Le premier maire fut Pierre Roche, greffier de justice.
En 1836, Lamure devient chef-lieu de canton. Malgré un sol peu fertile, l’agriculture est alors l’activité économique dominante (blé, seigle, avoine, pomme de terre…). La vigne est présente sur les versants les mieux exposés.

Le passage de la rivière a favorisé l’installation de moulins actionnés par la force motrice de l’eau conduite jusqu’à eux par des biefs (moulins à céréales, à huile, à papier…). Plusieurs scieries, utilisant cette même force motrice, fonctionnent également dans la vallée.

Parmi quelques autres activités artisanales, de nombreux habitants pratiquent le tissage à domicile pour des négociants de Lyon.

En 1892, Lamure devient officiellement Lamure-sur-Azergues afin d’éviter toute confusion avec La Mure dans l’Isère.

La route qui traverse le village, non goudronnée, s’appelle alors « chemin de grande communication ».

En 1895, la ligne de chemin de fer Lozanne-Lamure est mise en service, complétée en 1900 par la section Lamure-Paray-le-Monial. Le passage du train a modifié l’aspect du bourg tout en jouant un rôle important à la fois pour les habitants et pour les activités économiques.

Les années 1911-1913 voient la construction d’un imposant groupe scolaire destiné à recevoir les classes de l’école primaire rassemblées dans l’aile gauche de la mairie depuis la laïcisation de l’enseignement.

La guerre de 14-18 n’épargne pas le village. Le souvenir des soldats lamuriens qui n’en sont pas revenus est perpétué par le monument aux morts édifié au début des années 20.

En ce début de XXe siècle, le village se développe : de nombreuses maisons se construisent au nord et au sud du bourg. Lamure prend peu à peu son visage actuel.

D’après l’ouvrage de A. Bergeron

Résistance

Les forêts que vous traversez, les sentiers que vous empruntez aujourd’hui furent, de 1943 à 1944, le terrain de « ceux qui surent dire non ». Les premiers résistants, réfractaires du STO début 1943, se regroupent début septembre pour créer ce que l’on a appelé « les maquis de l’Azergues ». Ils sont rapidement rejoints et renforcés par des Caladois, des Lyonnais traqués par les Allemands. La géographie de notre haute vallée se prête bien à la vie errante menée par ces clandestins, le camp a ainsi changé d’emplacement une dizaine de fois. Si le groupe n’a jamais été très important en nombre pour des questions de sécurité (entre 30 et 50 auxquels il faut rajouter les habitants qui les soutenaient pour le ravitaillement, les renseignements) son efficacité contre l’occupant a été importante : sabotages de la voie ferrée, de routes stratégiques, de moyens de radio transmission mais aussi engagements militaires comme au col de Favardy (31 mai 1944) où 17 résistants furent massacrés par une troupe de 1 500 soldats ennemis, celui de Saint Nizier d’Azergues (11 décembre 1943) qui entraîna la déportation de 13 habitants. De nombreuses plaques rappellent les noms, les évènements qui se sont déroulés. Arrêtez- vous un instant devant celle du Gravier, lieu qui fut la plaque tournante de la Résistance en haute vallée d’azergues. Le 14 juillet 1944, résistants de la vallée d’Azergues FTP et FFI se rassemblaient en armes devant le monument aux morts de Lamure sur Azergues avec la population locale pour chanter la « Marseillaise ». En représaille, 52 personnes seront fusillées à Chatillon d’Azergues le 19 juillet 1944 et nombreux parmi les jeunes hommes photographiés à Lamure ce 14 juillet tomberont dans les semaines suivantes pour la libération du territoire. Le « régiment d’Azergues », sous les ordres de Marcel Chadebech « commandant Caron », participa activement aux combats pour la libération de Lyon et Villefranche sur Saône début septembre 1944. N’oublions pas non plus les nombreuses familles qui accueillirent des enfants juifs, les sauvant ainsi de la déportation, certaines de ces familles ont été reconnues « juste parmi les Nations » ainsi que les victimes civiles des bombardements de Claveisolles.